samedi 6 octobre 2007

Bonne arrivée !

Bonjour à tous,

He oui, ça y est, nous y sommes ! Je sais, ça fait maintenant plus d’un mois… et on n’a pas vraiment donné de nouvelles… mais « pas de nouvelles, bonnes nouvelles ! ».
En effet, je pense qu’on peut analyser ça comme ça pour nous. Tout va très bien.

Nous avons passé les trois premiers jours à l’hôtel avant d’aller habiter chez ma collègue le temps de trouver notre « chez nous ». Sacré expérience que de vivre avec des jumelles d’un an et demi… Elle a du courage ma collègue! Au bout d’une grosse semaine, on avoue, on était contents d’emménager dans notre maison à nous; une villa avec un jardin et une belle terrasse, pas trop loin du centre ville et à 6 minutes à pieds de la Croix-Rouge Burkinabè, où se trouve mon bureau (ce qui ne me change pas tellement de Bxl en fait).

Elle est un peu grande, mais elle devrait accueillir en janvier d’autres expats qui arrivent pour travailler ici. On s’y sent bien tous les deux et depuis peu, on a même des meubles ! Ici , retour à l’achat direct du producteur au client. Nous avons donc fait appel à des menuisiers locaux. Et bien, je vais vous dire, ça fait du bien de pouvoir payer le menuisier directement…. Sans qu’il n’y ait 18 intermédiaires… c’est du « sur mesure », et l'argent va directement dans sa poche à lui.

De mon côté, j’avoue que les débuts furent assez difficiles. Cheffe rapatriée suite à un problème médical et me voilà bombardée au milieu du Burkina avec un très beau projet... sur papier. On n’en menais pas large au début.... Un projet qui tourne, ce n’est déjà pas simple mais alors construire, mettre sur pied -dans un contexte multiculturel- un projet de lutte contre la malnutrition dans 9 provinces du pays (avec des inondations récentes qui ne font qu’empirer les choses) et coupent les routes, sans cheffe, en première mission… c’est un gros défi !

Ma tâche est de gérer les finances du projet mais aussi le personnel. Je dois donc mettre sur pied des systèmes de contrôle des dépenses. Ce qui n’est pas une mince affaire dans un pays si pauvre.

Jo a pris contact avec une petite boite de production de films et documentaires dès la première semaine -alors qu’il avait dit qu’il prendrait un mois de congé... Il a proposé d’y faire un stage pour commencer, ce qu’ils ont tout de suite accepté. Une semaine plus tard, il faisait déjà le tour du pays, en jouant l’assistant réalisateur pour tourner un reportage ! Il est assez content et espère que ça pourra bien évoluer pour le futur.

Etre blanc ici, n’est pas simple… Les blancs ont tous des « gens »; un gardien, un cuisinier, une nounou et femme de ménage... Mais ce « privilège » ne se limite pas aux blancs, pour les riches africains c’est pareil. Et même ceux qu’on pourrait considérer comme la classe moyenne ont souvent une ou deux personnes à leur service. Ceci dit, ça crée de l’emploi, ce qui n’est vraiment pas négligeable ici, c’est même considéré comme une très bonne opportunité.

Ici le blanc est souvent assimilé la banque, il n’est reste pas moins que les burkinabès sont vraiment charmants même qaund tu ne expliques que leur achèteras pas les colliers qu’ils sont en train d’essayer de te vendre. Ils cherchent le contact et l’échange et c’est vraiment chouette… Je n’avais clairement pas encore rencontré une telle chaleur humaine dans un pays du Sud où je me suis rendue. Et ça malgré une pauvreté quand même assez flagrante. Moi, c’est « tantie »…

Jo dirait que le pays est « sous perfusion des ONG ». Je pense qu’il n’a pas tout à fait tort. Ici, aucune ressource naturelle ; ni minerais, ni pétrole, ni gaz, quasi pas d’eau, pas d’accès à la mer…donc c’est un peu difficile. Par contre le climat politique –bien que très discutable- est stable (y’a pas de quoi se disputer) et l’accueil est chaleureux. Les ONG ont donc trouvé le terrain parfait pour développer leurs projets et dépenser l’argent distribué par la commission européenne…. Euh, mes projets sont financés par la commission….

Heureusement, les populations locales sont de plus en plus, et de mieux en mieux, impliquées. Et c’est une bonne chose. Si je prends l’exemple du gros projet pour lequel je travaille, tout se fait en partenariat avec la Croix-Rouge burkinabé. Du coup la mise en place du projet est plus longue et parfois carrément fastidieuse (car il faut suivre leur mode de fonctionnement déjà en place et pas tjs des plus efficaces en toute franchise). Mais cette méthode a l’avantage de permettre que le projet puisse continuer une fois les expat’ envolés. Nous sommes là pour aider à la structuration de l’ensemble et pour former les gens. La pérennité du projet (pour reprendre un terme cher au petit monde des ONG) est un des objectifs.

Par contre, Jo qui déjà avait parfois un peu de mal avec mes discussions sur l’humanitaire en bouffe un peu, j’avoue… car ici tout tourne autour du développement… Le secteur des ONG est assimilé au 'secteur privé' !

Sinon, il fait archichaud avec une moyenne autour des 35°… La ville est sympa et très animée. La bouffe n’est pas mauvaise mais il n’y a quand même pas bcp de choix. Riz, légumes, fruits et viande mais pas tjs très ragoutante se trouvent facilement sur les marchés…. Mais le lait est importé, les fromages, yaourts, les biscuits, pas moyen de trouver ces produits version locale ! Ils font de la très bonne bière (avec du houblon importé, et oui…) et même des frites.

Les routes goudronnées sont rares (le centre et les grands axes). On dit d’ailleurs, "j’habite sur le premier goudron après le grand carrefour" ou « prends le deuxième goudron sur ta gauche après la pompe à essence »…

Moi, j’ai un gros 4x4 de la Croix-Rouge burkinabè que je conduit moi-même pour l'instant. C’est rigolo mais j’avoue que j’en menais pas large au début avec toutes les mobylettes. Jo a investi investi dans une magnifique mobylette/scooter qui fait vroum-vroum, pouet-pouet, et a un look d’enfer !

En tous les cas, tous les deux, nous sommes bien heureux de pouvoir vivre une expérience comme celle-ci ! c’est assez génial de pouvoir découvrir un pays de cette manière, même si c'est pas simple tous les jours !

Voilà pour les premières nouvelles, c’est un peu long mais bon… merci à ceux qui sont arrivés jusqu’au bout.


N’hésitez pas à donner de vos nouvelles ! Si je n’ai répondu à aucun mail jusqu’aujourd’hui, je m’en excuse mais je vous promets que je les lis et que ça me fait plaisir, je travaille juste un peu comme une brute et quand je fais des pauses, je n’ai vraiment pas très envie d’allumer mon PC…!

Elo

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Quelle aventure! merci pour tous ces détails imagés qui m'ont fait voyagé entre 2 meetings et 3 coups de fils (rien de très original donc... j'en avais bien besoin! ;-) )

bravo pour ce projet que tu as pris à bras le corps parce qu'il faut "en avoir" pour faire ce que tu fais!

je t'embrasse
AnneKe

Nath a dit…

... et c'est tout ou rien avec vous!!!!! non je rigole ... merci pour le récit de ce premier mois!!!
et les photos ... moi j'en ai encore de la soirée mais il faut que je prenne le temps de vous les envoyer ...
Et tu m'emmènes quand faire une virée en 4X4?
ou en mob ça me va aussi
gros bisous à vous
Nath

Sa a dit…

Un mois et tout ça me semble déjà bien rôdé ... Chacun son job, une belle et grande maison, chacun son char, des activités et des discussions politico-économiques ... une petite vie d'expats qui s'installe ! On pense bien à vous ici ! Et on a déjà hâte de lire et voir le suite ! Bizzzzzzzzzz

Anonyme a dit…

Merci pour tous ces détails, c'est gai de participer un peu à votre aventure !
Si Jo trouve qu'une demi-page c'est trop, moi je trouve que c'est trop COURT ! HIHIHI
Encore et encore des photos, c'est plus facile pour s'imaginer.
Gros bisous de Gambier prairie,
Maric