dimanche 23 mars 2008

En avant, marche!

Ça y est ! ça aura mis du temps…mais le projet pour le quel je suis arrivée ici devient, enfin, réellement opérationnel !
Six mois de mise en place, de remise en question, six mois difficiles pour lancer un projet si ambitieux. Mais on y est ! Nos équipes, 18 infirmiers et 9 animateurs, passent de village en village (180 villages couverts par le projet) afin d’aider les villageois à identifier et soigner les cas de malnutrition parmi les enfants. Le principe est d’expliquer aux villageoises (les femmes sont les points centraux du le projet) ce qu’il faut donner comme complément à l’enfant malnutri tout en expliquant, en parallèle à la maman de grands principes permettant d’éviter de retomber dans la même situation dans quelques mois.

L’équipe basée à Ouaga s’est largement étoffée. Alice, la comptable est devenue mon super bras droit ! Siaka, le logisticien, ancien militaire commence à comprendre ce qu’un projet si énorme attend d’un logisticien. Idrissa, Chef de projet, s’est complètement approprié le projet et le porte à bout de bras. Il est épaulé par Albert, médecin congolais, expatrié Croix-Rouge de Belgique. Une histoire à lui tout seul cet Albert! Et enfin, Rosine, ma cheffe de mission, a, certes des défauts, mais on peut lui reconnaitre une grande qualité : elle fait bien avancer les choses !

Si j’avoue avoir remis un peu en question le projet lors de mon arrivée et des mois qui ont suivi, je suis aujourd’hui persuadée de son utilité !

La situation nutritionnelle du pays est bien plus alarmante que prévu. Vous souvenez-vous du Niger il y a deux ans lorsqu’on a parlé d’une grave crise de malnutrition ? Et, bien, nous sommes un peu près dans le même schéma. Les récoltes ont été mauvaises cette année à cause de pluies inexistantes ou tellement fortes qu’elles ont détruit les cultures. Et le prix des matières premières (qui n'en a pas entendu parler?) est de plus en plus élevé de sorte, que l’importation n’est pas non plus la solution.

Le projet a donc toute sa raison d’être actuellement. Et ça, ça fait du bien au morale de se savoir utile même si c'est dur de se rendre compte que la situation est si grave dans le pays !

Burkina : mode d’emploi

Beaucoup nous demandent à quoi finalement ressemble la vie au Burkina ? Et comment vivent les Burkinabès ? Et la vie à Ouaga ? Que font les Ouagalais ? Que fait-on dans nos temps libres ? Que mange-t-on? Il est vrai que nous racontons beaucoup nos voyages, nos visites, mais peu sur la vie à Ouaga. Lançons-nous ! Voici la première rubrique !
1/ L'alimentation et les marchés

Pour les Ouagalais, la journée commence ici par un petit déjeuner typique composé d’un riz gras, d’un to, d’une « soupe de poisson », ou encore, plus familier pour nous d’un café complet (voyez un peu de nescafé sorti tout droit de la boîte avec une grosse dose de lait concentré sucré) avec un peu de pain.

Côté légume, on ne peut pas trop se plaindre. On trouve : tomates, pommes de terre, ignames (grosses racines ressemblant à des pommes de terre), patates douces, courgettes, poivrons et aubergines, aubergines locales (très amères) et les petits pois (frais). On trouve aussi des boîtes de conserve de tomates concentrées importées tout droi de Chine, élément de base du très répandu « riz sauce ».
Côté fruit, c’est un peu moins varié, avec les bananes, les papayes, les oranges (peu goutues), les fraises (depuis deux mois mais c’est la fin) et les mangues qui arrivent.

Ce qui est assez déroutant, c’est que malgré tous ces légumes abondants sur les marchés, l’alimentation du Burkinabè n’est que peu basée sur ces légumes.

Le riz, les haricots blancs, le maïs, et le mil sont la base de l’alimentation ici. Le tô, fabriqué à avec la farine de mil, ou le riz constituent l’élément de base de tout repas burkinabè. Le riz sauce, ou le tô sauce, sont les plats typiques. Le légume étant un produit de luxe. Pour nos goûts européens, ce n'est pas mauvais une fois, deux fois, à la troisième, ça commence à lasser et j'avoue que maintenant, quand on peut éviter... on préfère viser les petits pois à la viande!
Et le repas se mange avec les doigts !
Si tu te ballades sur les marchés et que tu rencontres quelqu’un qui est en train de manger allègrement son plat de to sauce feullie, toujours, il est de coutume d'entendre: « vous êtes invités », ce qui signifie : « venez vous aussi mettre vos mains dans ce bon repas de to remplie de sauce verte ». Heureusement, en général, la personne n’est pas trop vexée si on répond, « merci c’est gentil, je viens de manger… »

Le repas de fête, est le poulet bicyclette (en contraste avec le poulet télévision) grillé à l’ail, accompagné de frites (franchement bonnes même si ça ne vaut pas les frites belges) et d’alloco, bananes plantins frites !

Les marchés regorgent également de savons faits de karité (hydratant). On trouve beaucoup de pagnes colorés, et de seaux et autres bassines en plastiques colorés faites au Ghana.

De notre côté, nous ne pouvons pas nous plaindre. Nous pouvons faire beaucoup de petits plats avec tous ces aliments possibles à trouver mais quelques saveurs nous manquent quand même pas mal. On sera contents de pouvoir y regouter en mai ! En dehors de ces fruits et légumes, nous nous fournissons en emmental, yaourt, mayonnaise et viande dans un affreux supermarché (genre « batard ») tenu par des libanais, forts présents dans le commerce ici.

Exception faite des deux supermarchés libanais qu’on trouve uniquement à Ouaga (et à Bobo), les supermarchés, tels que nous les connaissons n’existent pas. Les seuls petits magasins où on peut trouver mayonnaise, coca et biscuits premiers prix importés d’Europe sont les échoppes des pompes à essence.
En fait, au Burkina, rien n'est produit. Alors, soit on mange des aliments sortis tout droit des champs, soit on mange des produits importés. Pas de jus d'orange, pas de production d'huile malgré les tonnes d'arachides qu'on trouve dans les rues, pas de boîtes de conserve de tous ces bons aliments pour les conserver en vue de la période de soudure (période entre deux récoltes).
Le Burkina produit des yaourts mais... à base de lait en poudre venant d'Europe!
Tenez vous bien, la seule chose produite au pays est... la bière (qui ne vaut pas non plus la bière belge mais se défend) mais malheuresement à nouveau tous les éléments utilisés pour produire la bière sont eux aussi... importés d'Europe.

Pour ce qui est du paiement, le plus gros billet ici est celui de 10.000 FCFA, soit 15€. Et la monnaie est rare dans le pays, de sorte qu’on attend souvent que le serveur aille chez le ou les voisins pour essayer de casser ces fameux billets de 10.000! Même la banque n'a pas de monnaie... Les petites pièces ont même disparu et on vous rendra les derniers 10 Fcfa en bonbons.
Alors, en toute franchise, ça pourrait être vraiment pire mais si Jo rève d'une bonne frite de la place Flagey (ouf, la pétition a marché) avec un gros cervelas, moi je savoure déjà une bonne salade de chèvre ou un bon poisson bien cuisiné! Au plaisir de partager ça dans un mois (ou autre chose avec vous).

Bientôt sur le blog : Burkina mode d’emploi
2) la "cours", lieu de vie familiale

Joyeuses pâques!

"Jesus Christ a vaincu la mort. Alléluia allélui amen!!! Que sa résuréction nous fortifie et murisse notre foi en lui. Bonne et joyeuse pâque à toi et toute ta famille! Bye bye. Alice"

Voici un petit message reçu en ce dimanche dominical de la part de ma collègue comptable Alice.
De quoi faire réfléchir...

mercredi 19 mars 2008

Sahel Solidarité



Aperçu d'un autre projet sur lequel j'ai bossé en décembre pour Manivelle Prod. J'ai suivi le tournage, réalisé certaines interview (en français), écris le commentaire et enregistré la voix.
Tourné à Bokin à une cinquantaine de km au nord de Ouaga (cf. Yako).

Il s'agit d'un reportage réalisé pour Sahel Solidarité, une ONG burkinabé qui utilise les nouvelles technologies (photos, et projection vidéo en pleine brousse) pour ses campagnes de sensibilisation à l'hygiène et à l'assainissement de l'eau en milieu rural.

Voir la version longue (23 min)

mardi 18 mars 2008

L'alto Mondo de Simo

L'ami Simo est de plus en plus passionné de montagne. Il est même entrain de devenir journaliste spécialisé dans la presse transalpine (ALP - La rivista italiane del verticale).

Pour rappel, Simone (prononcez 'Simoné') avait passé ses six mois d'Erasmus en notre charmante -et dépravante- compagnie à Bruxelles (période 'rue de l'été'). Depuis on se voit une ou deux fois par an, à Turin, à Bruxelles, ou ailleurs (Peyresq, Tyrol...). D'ailleurs, il pourrait bien quitter ses montagnes dans les mois qui viennent pour venir tâter les pistes ouagalaises...

Tout ça pour dire que je viens de découvrir que lui aussi tient un blog (en italien). Au programme : montagnes italiennes, ski de rando, photos... Putain, c'que ça rafraichît de voir ce genre d'images !!!!

En route pour les sommets avec Simone !

lundi 17 mars 2008

Mes images sur TV5

Comme certain le savent déjà, je bosse comme Journaliste Reporter d'Images (JRI) pour AITV (Agence Internationale de télévision) via Manivelle Productions.


Mon boulot consiste à réaliser des images de l'évènement et une ou deux interviews. Ensuite je fais une sélection d'une durée de 5 à 10 min (itw comprise) et j'envoie le tout à AITV à Paris. Là, un journaliste et un monteur prennent le relais pour réaliser un sujet d'une à deux minutes pour le Journal Afrique de RFO.

AITV propose aussi ces reportages à d'autres médias (France 24, TV5) et c'est ainsi que ce dimanche, j'ai eu le plaisir de voir mes images au Journal Afrique de TV5. J'ai déjà réalisé quelques sujets pour AITV mais c'est le premier qui est diffusé sur TV5.

Le reportage en question concernait une manifestation à Ouaga contre 'la vie chère au Burkina Faso' et a été diffusé en premier titre du JT. Vous l'aurez compris, c'est avec un certaine fierté que je vous invite à y jeter un œil sur le site de TV5.

Et surtout, n'hésitez pas à me donner votre avis !

Photos : Bé A.

Tofke & Manu

La semaine dernière, ces deux vieux potes sont venus nous rendre une visite surprise avant de s'envoler pour Cotonou. L'occasion d'une sortie 'coupé-décalé' bien arrosée et de quelques nouvelles du pays. Ah c'est bon de revoir ses potes!

Bon l'interview est un peu bidon, on a fait ça en dernière minute avant leur départ. Mais c'est assez marrant d'entendre leur avis sur ma vie ici...

samedi 15 mars 2008

Sofia en Caracas

Photos : Sofia W. - http://caracax.blogspot.com/

La liste de nos amis en vadrouille un peu partout sur la planète ne cesse de s'allonger. Sofia est à Caracas pour stage de trois mois dans une télé locale. J'ai juste jeté un œil sur son blog mais les photos sont superbes, ça donne vraiment envie... Alors, si comme moi vous avez envie d'en (sa)voir un peu plus...

mardi 11 mars 2008

Manifestez en ligne !

Manifester en faveur de la liberté d'expression sur le net, c'est bien. Le faire directement dans les pays qui restreignent ou qui interdisent cette liberté, ce serait encore mieux. C'est un peu ce que propose Reporters Sans Frontières ce mercredi 12 mars.

Créez votre avatar, choisissez un message pour votre pancarte et partez manifester
en Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Erythrée, Tunisie, Turkménistan et Vietnam.

Symbolique bien sûr mais quelle bonne idée.
Rendez-vous donc ce mercredi sur WWW.RSF.ORG

samedi 1 mars 2008

Pays Dogon, nous voilà !

Hé hé, oui je sais pour le moment on enchaine un peu les voyages ! Promis après celui-ci, on bosse... Donc voilà lundi on (re)met le voiles, direction le Mali, pour découvrir le fameux pays Dogon. Le coin est -paraît-il- devenu un nid à touristes mais on a peut-être trouvé un moyen de le découvrir autrement : à cheval.

A Ouaga, il n'y a pas des milliards d'activités mais il y a quand même quelques bons plans, comme le 'Cheval Mandingue'. Thierry -qui vit ici depuis...euh...un bail- a créé ce manège aux portes de la brousse (à la sortie de la ville, sur la route de Bobo). On est déjà allé monter quelques fois avec Elo pour se remettre en jambe et on a aussi emmené les parents en ballade.

Chaque année le Mandingue organise une ou deux rando en Pays Dogon. On a raté celle de décembre, pas question de rater celle-ci !

On part avec un groupe de 7 ou 8 cavaliers et d'autres font le voyage en voiture, on va longer la falaise à cheval et faire des bivouacs le soir. Pour en savoir plus faudra attendre notre retour.

Ouaga contre la vie chère

Jeudi matin, je reçois un SMS du consul : "Des échauffourées sont signalées à divers endroits de la ville. Il est recommandé d'éviter tout déplacement non indispensable".

Ok, je suis de toute façon chez Manivelle et Elo à la Croix-Rouge. On évitera le centre aujourd'hui. Dans notre quartier, c'est calme. Au fil de la journée les nouvelles arrivent, des manifestants ont envahis plusieurs artères de la ville et il y a de la casse. Jean-Claude reçoit quelques images prises avec un GSM, on y voit des vitrines cassés et un bureau de la Western Union dévalisé. J'apprends ensuite que des feux rouges et plusieurs panneaux publicitaires ont aussi subis les foudres de la foule et que des pneus brulent un peu partout.

Au bureau plusieurs burkinabé passent en râlant sur ces jeunes manifestant qui cassent les biens de l'état, "et qui va devoir payer la casse ? C'est nous". C'est vrai que pour les feux rouges, c'était pas très malin mais pour les panneaux publicitaire, c'est plutôt bien vu !

Il faut dire que la colère montait depuis quelques semaines. En cause une augmentation des produits alimentaires de bases (riz, farine, sucre, pain) dont la cause semble bien difficile à déterminer puisqu'évidemment tout le monde se renvoie la balle. Pour être tout à fait honnête, de notre côté on a pas vraiment sentit l'augmentation à part le pain qui coûte effectivement un peu plus cher.

Le gouvernement a réagit en supprimant les droits de douane sur toutes une liste de produits. espérons que ça permette de calmer le jeu, le temps de trouver une solution. Pour les gens de la rue, les fautifs sont à chercher du côté des commerçants qui s'en mettent plein les poches. Mais est-ce que l'augmentation du baril du brut ne serait pas aussi une explication ? Si un économiste peut m'éclairer...

Ce n'est pas la première fois que ça chauffe dans le centre depuis notre arrivée mais c'est toujours très temporaire. Vendredi le calme était revenu et à part quelques feux rouges effectivement mal en point et plusieurs patrouilles de police, plus de traces des manifs.

Pour en savoir plus :

Le retour des gugus !

Après plusieurs semaines sans nouvelles, ils ont de retour avec une vidéo encore plus délirante que les précédentes. Attention, âmes sensibles s'abstenir et autorisation parentale vivement souhaitée...

Direction la Colombie, accrochez-vous c'est sur

jeudi 28 février 2008

Parc de la Pendjari, visite parents Jo

Cette fois, ce sont mes parents et Lucie, ma petite soeur, qui sont venus nous rendre visite. Après avoir un peu cogité, j'avais décidé de les emmener visiter ce qui est considéré comme la plus belle réserve d'Afrique de l'Ouest : le Parc de la Pendjari au Bénin. C'est la saison idéale pour voir les animaux et puis comme ça, nous aussi on découvrait de nouveaux coins.

Mais avant, en route pour l'un des villages les plus célèbres du Burkina : Tiébélé. On me l'avait décrit comme un endroit un peu trop touristique mais à ne pas rater. Elo n'était de la partie, la faute à un quota limité de congés (ben oui, on rentre trois semaines pour vous voir en mai alors, ça réduit pas mal...).

Comme vous ne le savez pas, nous n'avons pas de voiture. Bon, ok Elo en a une mais c'est à la Croix-Rouge, elle ne peux pas aller à plus de 50km de Ouaga avec, c'est pas un 4x4 et je ne peux pas la conduire. Tout ça pour dire que pour visiter le pays, ils nous reste deux solutions : les bus ou la location d'un 4x4 (souvent avec chauffeur obligatoire).

Pour visiter le parc de la Pendjari le choix se réduit à zéro puisque vous imaginez bien qu'il n'y pas le TEC dans le parc, par contre pour rejoindre Tiébélé, l'option bus est envisageable.

Nous voilà donc embarquant dans un de ces merveilleux petit bus de la STMB. Pas une camionnette mais pas un autocar non plus... Un fois que toutes les places sont occupées, on ouvre des strapontins dans l'allée centrale, ce qui fait qu'une fois qu'on démarre, y'a plus moyen de bouger de son siège jusqu'à l'arrivée... Les bagages ? Les chèvres ? Les vélos ? Sur le toit voyons !

Deux heures et demi de route (entrecoupées par quelques traversées d'âne, de chèvres, de vaches etc...) et nous voilà à Pô, ville frontière avce le Ghana. Reste maintenant à trouver un taxi-brousse pour nous emmener à Tiébélé à une trentaine de km. Une merveilleuse Peugeot 305 de trente ans d'âge fera l'affaire. Le temps de remonter la roue manquante et de remplir quelques bouteilles d'essence -et pour nous de visiter le marché de Pô- et nous voilà parti pour une heure et demi de piste.

Tiébélé et la fameuse cours royale se révèlent superbes (voir photos) et pas si pourri que ça par le tourisme; on est à peu près les seuls dans le village et je constate une fois de plus que la mention 'touristique' au Burkina est très relative. Nous logeons à l'auberge Kunkolo, dans ces cases rondes au toit plat. Avec Lu, on tente de passer la nuit à la belle étoile, sur le toit de la case mais faute de couverture, nous devons battre en retraite à deux heure du mat'. Le lendemain matin, nous faisons un saut sur les rives du marigot (comprenez le lac) avant de reprendre la route de Ouaga.

Le lendemain matin, tous en voiture, pour le Bénin. Pour le coup nous partons avec l'Agence Tourisme* et notre Barracuda à nous s'appelle Paul. Il est chauffeur mais surtout le guide, et se révèlera un incroyable pisteur une fois dans le parc. Le midi, étape à Fada 'N Gourma, visite du marché avant de continuer vers la frontière.

Arrivée à Porga, dernier village avant la réserve et entrée du Parc. On décide de profiter de la dernière heure de soleil pour faire un première ballade dans le parc. Paul nous préviens que c'est une zone tampon où la chasse est autorisée. "Ok, on verra !". Maigre buttin puisque nous apercevrons à peine un cobbe et deux phacochères. L'enthousiasme retombe un peu et on se demande déjà si on va vraiment voir des animaux...

Heureusement les deux jours qui suivent se révèlent très riches en rencontres. Que les choses soient clair, le parc n'est pas un zoo. Il abrite des animaux sauvages qui ne sont jamais deux fois au même endroit. Notre chance est que la saison est idéale; il fait sec, les herbes hautes sont rares et les animaux un peu moins vifs. Et puis Paul connait le Parc comme sa poche, il vient ici depuis 15 ans et est capable de pister un lion ou un troupeau d'éléphant pendant deux heures tout en nous montrant des tas d'autres animaux. Vous l'aurez compris on a vu beaucoup beaucoup d'animaux...mais je vous laisse découvrir tout ça en photo.

Après deux jours et demi dans le parc, nous prenons doucement le chemin du retour. Nous sortons du parc pour rejoindre l'incroyable cascade de Tanagou où une baignade s'impose avant de rentrer au Burkina. Dernière surprise pour nos voyageurs, nous allons passer la nuit dans un endroit magique : l'île de Tagou.

En janvier, un français un peu fou a ouvert un campement (comprenez un p'tit hôtel) sur une île granitique au beau milieu du barrage de la Kompienga (Pama). J'en avais entendu beaucoup de bien (merci JC !) et je voulais absolument aller voir ça. WA-OUW quel endroit...

Arrivés au coucher du soleil, on embarque dans la pinasse (grande pirogue) pour rejoindre l'île. Les blocs de granit comme tombés du ciel dessinent des silhouettes surprenantes; serait-ce l'île le Pâques ou les Seychelles ? Non juste l'île de Tagou !

Le lendemain matin le spectacle est grandiose (voir photos mais c'est encore mieux en vrai) et le calme omniprésent. Petit déj' au sommet de l'île et baignade sur un petite plage naturelle. Re-pinasse, re-piste et nous voilà chez les peuls pour une petite visite de courtoisie. Ces éleveurs nomade sont célèbres pour leur maison de voyage ('en kit') et l'élégance de leurs femmes. Réputation bien méritée. Là aussi, voir photos.

Notre voyage se termine déjà, Ouaga nous attend...

Epuisés et mais ravis nous sommes de retour à Ouaga. J'emmène le paternel faire un tour en moto pour régler une histoire de billet d'avion. Lui, le motard aguerri jure de ne plus jamais rouler en moto à Ouaga. Et oui, la moto ici, c'est du sport !

Je ne résiste pas à l'envie de présenter ma famille à l'équipe de Manivelle et d'organiser un tour des bureaux. très sympa, évidemment.

Mais un p'tit saut dans le centre s'impose quand même avec toute la clique. Je redoute un peu ça et comme je m'y attendais, très vite c'est la ruée... Quatre blancs qui se baladent à pied et qui en plus achètent de temps en temps, ça passe pas inaperçu. On se fait poursuivre par une horde de petits vendeurs de plus en plus collants avant de se faire carrément emmerder par deux trois crétins agressifs. Rien de bien grave mais une mauvaise image du Burkina. Effets pervers du tourisme, oui sans doute mais il ne faut pas oublier que pour beaucoup la vie est très dure ici. Chez quelques uns ça s'exprime de façon agressive. C'est dommage mais ce n'est qu'une infime minorité de jeunes un peu paumés, les burkinabés sont vraiment charmants d'habitude.

Le village artisanal se révèle un endroit beaucoup plus cool pour les derniers achats et on peut y admirer les artisans au travail.

Au final, un voyage un peu éprouvant mais multiple et maginfique pendant lequel on aura découvert plein de choses et d'endroits très différents. Nous rentrons tous avec la tête remplie d'images et je vous invite à en découvrir quelques unes...


* J'avais pensé dans un premier temps organiser le voyage moi-même mais en additionnant tous les frais (location véhicule, carburant, logements, bouffe, entrées du parc + guide, etc...) j'arrivais à peu près au même montant. Cette agence propose des voyages à la carte, j'ai donc fait mon itinéraire et ils se sont occupé du reste. De plus un guide est absolument nécessaire si vous voulez voir quelque chose dans le parc (voir ci-dessus).

dimanche 17 février 2008

samedi 16 février 2008

Quelques expressions déroutantes...

La journée commence par :
" Bonne arrivée"
"C’est comment ?"
" Et la santé ?"
"Et la famille"
"Et chez vous?"
" Et le froid ? ", (car c’était l’hiver ici, 15° la nuit !)
" Et la matinée, c’est comment ? "

La réponse est "bien merci" (même si ça ne va pas) ou "un peu, un peu"

Et ça peut déjà durer 10 minutes par personne pour savoir si tout va bien chez elle, si sa santé est bonne, si tout va bien dans sa famille.

Dès 14h, le rituel est similaire mais avec :

" Bonsoir ", (assez bizarre au début mais on s'habitue vite au point de s'étonner à dire "bonsoir" à 7h du matin!)

" Pas de problème " ou encore " y a même pas de problème ", même si ton interlocuteur sait pertinemment bien que la table qui devait être livrée il y a deux semaines ne sera toujours pas prête ce soir...

" La voiture est gâtée ", entendez : elle ne démarre plus (ce qui arrive souvent avec la vieux taco qu’on vient d’acheter pour la mission). Ca marche pour tout, l'assiette est gatée (=je viens de casser l'assiette).

" je vais LES apprendre moi, ce que c’est que de travailler dans les villages, sans électricité ni eau"
" Y a quoi ? tantie ? ", Qu’est ce qu’il se passe, madame ?

Sans début de phrase, sujet ou contextualisation

" d’ajouter 100 francs " ou à l’inverse
" de diminuer "
" d’amener riz "
" d'amener unités? " (de téléphone)
"d'amener lotus?" (ce que les enfants de la rue nous vendent au carrefour)
" 100 francs, 100 francs"

"si je peux gagner une batterie, je peux brancher télé pour voir chez moi"." ou encore "J'ai gagné un collègue" (j'ai un nouveau collègue).

Lorsque tu sors de Ouaga, on te dira : « Bonne traversée ! », comme si on traversait la mer, inexistante au Burkina, et on dira de alors de toi « il a voyagé »

"Je vais demander la route", je vous demande la permission de quitter les lieux.


Donc "bilfou", soit "à la prochaine" en mooré!

lundi 11 février 2008

Mais finalement qu’est ce qu’on fait au Burkina Faso ?



En ouvrant certains blogs d’amis d’amis, on se met souvent à chercher « qui est qui », qu’est ce que ces gens font là-bas et pourquoi ils racontent tout ça.

Un peu de contextualisation ne fait jamais de mal ! Alors pour ceux qui se demandent ce que ces deux belges sont venus faire à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, voici quelques explications.

Nous sommes Jo et Elo, deux citoyens belges, en mal de voyage. Cela fait deux ans que ça nous trottait dans la tête, nous voulions travailler dans un pays du Sud. Une même envie, au même moment… il fallait sauter sur l’occasion !

Et c’est ce que nous avons fait.
Moi-même, passionnée par l’humanitaire depuis ma sortie des études, je rêvais de pouvoir être confrontée aux « réalités du terrain ». C’est bien beau l’humanitaire de l’Europe mais c’est encore mieux de pouvoir le vivre au quotidien dans les pays pour lesquels on s’investit.

Jo, journaliste de formation, avait envie, lui aussi de faire du terrain. Un terrain différent de celui de l’humanitaire mais un terrain de journaliste qui prend lui-même les images qu’il souhaite faire partager. Envie de mouvement, de vie, d’images réelles.

En mars dernier, nous essayons donc de concrétiser tout cela. La Croix-Rouge devrait justement ouvrir un grand projet au Burkina Faso et un poste allait dès lors s’ouvrir.

Après quelques lectures sur le pays, le Burkina que nous ne connaissions pas vraiment, nous tente bien !

Quelques remous avant la proposition finale qui tombe le 3 août 2007 ! Nous partons le 1er septembre…

Jo cherchera alors sur place un boulot dans le milieu du documentaire ou du film. De contact en contact, il tombera sur Manivelle, une petite boite qui produit films et documentaires. Une équipe d’enfer qui lui apprend un nouveau métier, celui de reporter …..

Nous voilà donc partis pour un an et demi, au beau milieu de l’Afrique de l’Ouest, à Ouagadougou, où tous les deux, chacun dans nos boulots respectifs, nous vivons une expérience extraordinaire. Quant à la découverte en couple d’un nouveau pays, d’une nouvelle culture, elle a quelque chose de magique !
Elo

mercredi 6 février 2008

Les classes de la seconde chance



Réalisation : Paratéba Yaméogo & Joffrey Monnier
Production : REPTA & Manivelle Productions

Voici donc mon premier 'vrai' reportage. C'est le résultat de ce qu'on avait tourné au Niger avec Paraté. Bon, y'a encore quelques petites modifs à faire, notamment au niveau du son mais dans l'ensemble, c'est ça. Alors, votre avis ?


Bientôt diffusé sur la RTBF et sur TV5... >> Voir les horaires de diffusion<<

samedi 2 février 2008

Et au boulot, ça donne quoi?


Certains ont pu lire entre les lignes, d’autres ont reçu des mails où je racontais et expliquais mon état d’esprit, mes états d’âme après ces quelques premiers mois de première mission.
En toute franchise, ce ne fut pas simple !
Ma cheffe à Bruxelles m’avait prévenu : « je n’ai jamais connu quelqu’un pour qui les 3 premiers mois d’une première mission de terrain n’étaient pas difficiles… ».

Et elle n’avait pas tort ! C’était dur, très dur. D’abord parce que c’est vrai que tout est nouveau : le pays, la culture, le métier. Et il faut s’habituer à tout ça.

Mais aussi parce que cette mission-ci était particulièrement complexe.
En effet, mon arrivée coïncidait avec une « ouverture de mission », comme on dit dans le jargon de l’humanitaire, ce qui signifie qu’il n’y avait pas d’expatrié sur place disposant de maisons, de bonne adresses, de personnes de contact, de noms de fournisseurs, de réseau en fait…

Ensuite, le projet pour lequel on m’envoyait était très très, trop ambitieux tel que conçu au départ. Ma collègue, cheffe de projet nutritionniste, arrivée en même temps que moi, a d’ailleurs fini par jeter l’éponge tellement les choses paraissaient complexes, voire impossibles à mettre en place.
Mi-novembre, elle a donc quitté le pays, me laissant seule belge à la tête de la mission Croix-Rouge de Belgique au Burkina Faso avec ce projet
La dernière chose qui compliquait la situation est le fait que le partenariat avec la Croix-Rouge burkinabè n’était pas défini, de sorte que c’était à moi de « tenter » de définir un mode de fonctionnement et de communication avec le Directeur national de cette dernière. Ceci n’était pas une mince affaire du haut de mes 27 ans !

Heureusement, certaines personnes m’ont aidé à tenir le coup. Tout d’abord, le siège de la Croix-Rouge à Bruxelles m’a toujours soutenue et a été très à l’écoute de mes préoccupations par rapport à la mise en place de ce programme. Il y a d’ailleurs eu 3 visites de membres du personnel qui avaient pris conscience du défi dans lequel nous nous étions, Croix-Rouge de Belgique lancés. Naziha, une charmante collègue est d'ailleurs venue appuyer le projet pendant un mois et a aidé à redéfinir ce dernier en vue de le rendre plus réaliste. Pendant ce temps, le travail avec elle était déjà plus facile.

Finalement, c’est certain que sans la présence de mon amoureux à mes côtés, je n’aurais franchement pas tenu le coup ! Il a donc subi mes sautes d'humeur pendant ces quelques mois...

Aujourd’hui, les choses vont beaucoup mieux. Un chef de projet burkinabè a enfin été engagé. Idrissa est maintenant à la tête de ce projet pour le volet opérationnel. Ma cheffe, envoyée par la Croix-Rouge de Belgique est arrivée. Rosine a 57 ans, elle a déjà vécu 12 ans en Afrique et connait bien le fonctionnement de missions telles que celle que nous essayons de mettre sur pied. Je lui ai très vite délégué toute une série de dossiers chauds comme la relation avec la Croix-Rouge Burkinabè ou les problèmes de politique salariale du personnel engagé sur nos projets.
Par ailleurs, ma collègue cheffe de projet nutritionniste vient d’être remplacée par un médecin congolais expatrié qui a déjà géré le même genre de projet au Niger. Il est en plus une personne très intéressante à écouter ! Il connait énormément de choses dans le domaine de la santé dans les pays en développement, et ça, moi, ça me passionne…
Le dernier point noir à résoudre était le poste de logisticien, un poste tenu par un burkinabè, soit la personne qui s’occupe de tout le matériel à acheter, de l’approvisionnement des vivres à distribuer dans les villages. Siaka, un ancien militaire est arrivé ce lundi. Il a l'air très efficace. Equipe au complet donc maintenant !

Ouf, toutes ces personnes qui semblent à première vue très compétentes chacune dans leur domaine vont pouvoir venir reprendre une partie du travail qu’à défaut, je devais, mais ne parvenais pas à assurer.

Je vais donc pouvoir me concentrer sur les deux nouveaux projets que nous lançons cette année 2008 : projet d’accueil et d’écoute des "filles des rues" et projet de prévention contre l’exploitation et le trafic des enfants ! Quand il n’y en a plus, il y en a encore !
Elo


J'en profite pour vous signaler que j'ai (enfin) mis les photos de ma mission en ligne. Il n'y en a pas beaucoup et elles sont clairement moins belles que celles faites par Jo mais j'avais quand même envie de les partager avec vous.

mardi 29 janvier 2008

Crocodiles des villes

Ce dimanche on avait décidé d'aller faire une petite balade dans le parc urbain Bangr-Weoogo. Cette ancienne forêt sacrée est devenue un grand parc public, plus ou moins aménagé, où les ouagalais vont se ballader le week-end.


On se balladait tranquillement nous aussi, sans trop savoir où on allait puisqu'il n'y a ni plans ni indications. Sympathique forêt, on aperçoit quelques écureuils, des papillons, des oiseaux colorés... On décide de prendre un chemin un peu moins balisé mais menant vers la p'tite rivière qui traverse le parc. Arrivés à la rivière, on est d'abord frappé par la saleté qui a envahit l'endroit. Des tas de sacs plastiques jonchent les rives. C'est un problème malheureusement courant au Burkina mais on s'y attendait pas après cette ballade buccolique.

Mais alors qu'on se lamentait sur cette triste histoire de sacs plastiques, v'la ti pas que sur l'autre rive, on aperçoit deux petits crocos qui prennent le soleil tranquillement sans se soucier de notre présence... Je rassure Elo. Ils sont pas très grands (genre 1,50 m) et puis ils sont de l'autre côté en train de faire bronzette, on va continuer notre chemin le long de la rive jusqu'au prochain embranchement.

On se remet en route un peu fébriles mais dix mètres plus loin, on aperçoit le papa de nos deux copains; un mastos de deux mètres cinquante -au moins- qui lui aussi prend tranquillement le soleil. Hé, hé.. bonjour M'sieur...

Ajoutez à ça le gros SBROUUFF d'un autre saurien qui vient de se jeter à l'eau parcequ'il était sur la même rive que nous et qu'apparemment on lui a fait peur :-)

Elo ne veut pas en savoir plus, elle a déjà pris ses jambes à son (joli) cou et je ne tarde pas à la suivre...

Arrivés en sécurité, on reprend nos esprits et on se dit que la vie en Afrique c'est quand même plein de surprises...