jeudi 13 mars 2008
mardi 11 mars 2008
Manifestez en ligne !
Manifester en faveur de la liberté d'expression sur le net, c'est bien. Le faire directement dans les pays qui restreignent ou qui interdisent cette liberté, ce serait encore mieux. C'est un peu ce que propose Reporters Sans Frontières ce mercredi 12 mars.
Créez votre avatar, choisissez un message pour votre pancarte et partez manifester en Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Erythrée, Tunisie, Turkménistan et Vietnam.
Symbolique bien sûr mais quelle bonne idée. Rendez-vous donc ce mercredi sur WWW.RSF.ORG
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Joffrey MONNIER
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samedi 1 mars 2008
Pays Dogon, nous voilà !
Chaque année le Mandingue organise une ou deux rando en Pays Dogon. On a raté celle de décembre, pas question de rater celle-ci !
On part avec un groupe de 7 ou 8 cavaliers et d'autres font le voyage en voiture, on va longer la falaise à cheval et faire des bivouacs le soir. Pour en savoir plus faudra attendre notre retour.
Ouaga contre la vie chère
Ok, je suis de toute façon chez Manivelle et Elo à la Croix-Rouge. On évitera le centre aujourd'hui. Dans notre quartier, c'est calme. Au fil de la journée les nouvelles arrivent, des manifestants ont envahis plusieurs artères de la ville et il y a de la casse. Jean-Claude reçoit quelques images prises avec un GSM, on y voit des vitrines cassés et un bureau de la Western Union dévalisé. J'apprends ensuite que des feux rouges et plusieurs panneaux publicitaires ont aussi subis les foudres de la foule et que des pneus brulent un peu partout.
Au bureau plusieurs burkinabé passent en râlant sur ces jeunes manifestant qui cassent les biens de l'état, "et qui va devoir payer la casse ? C'est nous". C'est vrai que pour les feux rouges, c'était pas très malin mais pour les panneaux publicitaire, c'est plutôt bien vu !
Il faut dire que la colère montait depuis quelques semaines. En cause une augmentation des produits alimentaires de bases (riz, farine, sucre, pain) dont la cause semble bien difficile à déterminer puisqu'évidemment tout le monde se renvoie la balle. Pour être tout à fait honnête, de notre côté on a pas vraiment sentit l'augmentation à part le pain qui coûte effectivement un peu plus cher.
Le gouvernement a réagit en supprimant les droits de douane sur toutes une liste de produits. espérons que ça permette de calmer le jeu, le temps de trouver une solution. Pour les gens de la rue, les fautifs sont à chercher du côté des commerçants qui s'en mettent plein les poches. Mais est-ce que l'augmentation du baril du brut ne serait pas aussi une explication ? Si un économiste peut m'éclairer...
Ce n'est pas la première fois que ça chauffe dans le centre depuis notre arrivée mais c'est toujours très temporaire. Vendredi le calme était revenu et à part quelques feux rouges effectivement mal en point et plusieurs patrouilles de police, plus de traces des manifs.
Pour en savoir plus :
- Manifestations contre la vie chère : Ouagadougou entre casse et pillage (29/02/08 - Le Pays)
- Mesures contre la vie chère, beaucoup de non-dits (29/02/08 - Le Pays)
- "La réaction du peuple est à la hauteur de son supplice"(29/02/08 - L'Observateur)
- Burkina Faso: un mort lors des violences jeudi à Ouagadougou (29/02/08 - Le Monde)
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Joffrey MONNIER
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Le retour des gugus !
Après plusieurs semaines sans nouvelles, ils ont de retour avec une vidéo encore plus délirante que les précédentes. Attention, âmes sensibles s'abstenir et autorisation parentale vivement souhaitée...
Direction la Colombie, accrochez-vous c'est sur
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Joffrey MONNIER
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jeudi 28 février 2008
Parc de la Pendjari, visite parents Jo
Cette fois, ce sont mes parents et Lucie, ma petite soeur, qui sont venus nous rendre visite. Après avoir un peu cogité, j'avais décidé de les emmener visiter ce qui est considéré comme la plus belle réserve d'Afrique de l'Ouest : le Parc de la Pendjari au Bénin. C'est la saison idéale pour voir les animaux et puis comme ça, nous aussi on découvrait de nouveaux coins.Mais avant, en route pour l'un des villages les plus célèbres du Burkina : Tiébélé. On me l'avait décrit comme un endroit un peu trop touristique mais à ne pas rater. Elo n'était de la partie, la faute à un quota limité de congés (ben oui, on rentre trois semaines pour vous voir en mai alors, ça réduit pas mal...).
Comme vous ne le savez pas, nous n'avons pas de voiture. Bon, ok Elo en a une mais c'est à la Croix-Rouge, elle ne peux pas aller à plus de 50km de Ouaga avec, c'est pas un 4x4 et je ne peux pas la conduire. Tout ça pour dire que pour visiter le pays, ils nous reste deux solutions : les bus ou la location d'un 4x4 (souvent avec chauffeur obligatoire).
Pour visiter le parc de la Pendjari le choix se réduit à zéro puisque vous imaginez bien qu'il n'y pas le TEC dans le parc, par contre pour rejoindre Tiébélé, l'option bus est envisageable.
Nous voilà donc embarquant dans un de ces merveilleux petit bus de la STMB. Pas une camionnette mais pas un autocar non plus... Un fois que toutes les places sont occupées, on ouvre des strapontins dans l'allée centrale, ce qui fait qu'une fois qu'on démarre, y'a plus moyen de bouger de son siège jusqu'à l'arrivée... Les bagages ? Les chèvres ? Les vélos ? Sur le toit voyons !
Deux heures et demi de route (entrecoupées par quelques traversées d'âne, de chèvres, de vaches etc...) et nous voilà à Pô, ville frontière avce le Ghana. Reste maintenant à trouver un taxi-brousse pour nous emmener à Tiébélé à une trentaine de km. Une merveilleuse Peugeot 305 de trente ans d'âge fera l'affaire. Le temps de remonter la roue manquante et de remplir quelques bouteilles d'essence -et pour nous de visiter le marché de Pô- et nous voilà parti pour une heure et demi de piste.
Tiébélé et la fameuse cours royale se révèlent superbes (voir photos) et pas si pourri que ça par le tourisme; on est à peu près les seuls dans le village et je constate une fois de plus que la mention 'touristique' au Burkina est très relative. Nous logeons à l'auberge Kunkolo, dans ces cases rondes au toit plat. Avec Lu, on tente de passer la nuit à la belle étoile, sur le toit de la case mais faute de couverture, nous devons battre en retraite à deux heure du mat'. Le lendemain matin, nous faisons un saut sur les rives du marigot (comprenez le lac) avant de reprendre la route de Ouaga.Le lendemain matin, tous en voiture, pour le Bénin. Pour le coup nous partons avec l'Agence Tourisme* et notre Barracuda à nous s'appelle Paul. Il est chauffeur mais surtout le guide, et se révèlera un incroyable pisteur une fois dans le parc. Le midi, étape à Fada 'N Gourma, visite du marché avant de continuer vers la frontière.
Arrivée à Porga, dernier village avant la réserve et entrée du Parc. On décide de profiter de la dernière heure de soleil pour faire un première ballade dans le parc. Paul nous préviens que c'est une zone tampon où la chasse est autorisée. "Ok, on verra !". Maigre buttin puisque nous apercevrons à peine un cobbe et deux phacochères. L'enthousiasme retombe un peu et on se demande déjà si on va vraiment voir des animaux...
Heureusement les deux jours qui suivent se révèlent très riches en rencontres. Que les choses soient clair, le parc n'est pas un zoo. Il abrite des animaux sauvages qui ne sont jamais deux fois au même endroit. Notre chance est que la saison est idéale; il fait sec, les herbes hautes sont rares et les animaux un peu moins vifs. Et puis Paul connait le Parc comme sa poche, il vient ici depuis 15 ans et est capable de pister un lion ou un troupeau d'éléphant pendant deux heures tout en nous montrant des tas d'autres animaux. Vous l'aurez compris on a vu beaucoup beaucoup d'animaux...mais je vous laisse découvrir tout ça en photo.Après deux jours et demi dans le parc, nous prenons doucement le chemin du retour. Nous sortons du parc pour rejoindre l'incroyable cascade de Tanagou où une baignade s'impose avant de rentrer au Burkina. Dernière surprise pour nos voyageurs, nous allons passer la nuit dans un endroit magique : l'île de Tagou.
En janvier, un français un peu fou a ouvert un campement (comprenez un p'tit hôtel) sur une île granitique au beau milieu du barrage de la Kompienga (Pama). J'en avais entendu beaucoup de bien (merci JC !) et je voulais absolument aller voir ça. WA-OUW quel endroit...
Arrivés au coucher du soleil, on embarque dans la pinasse (grande pirogue) pour rejoindre l'île. Les blocs de granit comme tombés du ciel dessinent des silhouettes surprenantes; serait-ce l'île le Pâques ou les Seychelles ? Non juste l'île de Tagou !
Le lendemain matin le spectacle est grandiose (voir photos mais c'est encore mieux en vrai) et le calme omniprésent. Petit déj' au sommet de l'île et baignade sur un petite plage naturelle. Re-pinasse, re-piste et nous voilà chez les peuls pour une petite visite de courtoisie. Ces éleveurs nomade sont célèbres pour leur maison de voyage ('en kit') et l'élégance de leurs femmes. Réputation bien méritée. Là aussi, voir photos.Notre voyage se termine déjà, Ouaga nous attend...
Epuisés et mais ravis nous sommes de retour à Ouaga. J'emmène le paternel faire un tour en moto pour régler une histoire de billet d'avion. Lui, le motard aguerri jure de ne plus jamais rouler en moto à Ouaga. Et oui, la moto ici, c'est du sport !
Je ne résiste pas à l'envie de présenter ma famille à l'équipe de Manivelle et d'organiser un tour des bureaux. très sympa, évidemment.
Mais un p'tit saut dans le centre s'impose quand même avec toute la clique. Je redoute un peu ça et comme je m'y attendais, très vite c'est la ruée... Quatre blancs qui se baladent à pied et qui en plus achètent de temps en temps, ça passe pas inaperçu. On se fait poursuivre par une horde de petits vendeurs de plus en plus collants avant de se faire carrément emmerder par deux trois crétins agressifs. Rien de bien grave mais une mauvaise image du Burkina. Effets pervers du tourisme, oui sans doute mais il ne faut pas oublier que pour beaucoup la vie est très dure ici. Chez quelques uns ça s'exprime de façon agressive. C'est dommage mais ce n'est qu'une infime minorité de jeunes un peu paumés, les burkinabés sont vraiment charmants d'habitude.
Le village artisanal se révèle un endroit beaucoup plus cool pour les derniers achats et on peut y admirer les artisans au travail.
Au final, un voyage un peu éprouvant mais multiple et maginfique pendant lequel on aura découvert plein de choses et d'endroits très différents. Nous rentrons tous avec la tête remplie d'images et je vous invite à en découvrir quelques unes...
* J'avais pensé dans un premier temps organiser le voyage moi-même mais en additionnant tous les frais (location véhicule, carburant, logements, bouffe, entrées du parc + guide, etc...) j'arrivais à peu près au même montant. Cette agence propose des voyages à la carte, j'ai donc fait mon itinéraire et ils se sont occupé du reste. De plus un guide est absolument nécessaire si vous voulez voir quelque chose dans le parc (voir ci-dessus).
dimanche 17 février 2008
Festival du rire et de l'humour de Ouagadougou
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Joffrey MONNIER
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samedi 16 février 2008
Quelques expressions déroutantes...
La journée commence par :
" Bonne arrivée"
"C’est comment ?"
" Et la santé ?"
"Et la famille"
"Et chez vous?"
" Et le froid ? ", (car c’était l’hiver ici, 15° la nuit !)
" Et la matinée, c’est comment ? "
La réponse est "bien merci" (même si ça ne va pas) ou "un peu, un peu"
Et ça peut déjà durer 10 minutes par personne pour savoir si tout va bien chez elle, si sa santé est bonne, si tout va bien dans sa famille.
Dès 14h, le rituel est similaire mais avec :
" Bonsoir ", (assez bizarre au début mais on s'habitue vite au point de s'étonner à dire "bonsoir" à 7h du matin!)
" Pas de problème " ou encore " y a même pas de problème ", même si ton interlocuteur sait pertinemment bien que la table qui devait être livrée il y a deux semaines ne sera toujours pas prête ce soir...
" La voiture est gâtée ", entendez : elle ne démarre plus (ce qui arrive souvent avec la vieux taco qu’on vient d’acheter pour la mission). Ca marche pour tout, l'assiette est gatée (=je viens de casser l'assiette).
" je vais LES apprendre moi, ce que c’est que de travailler dans les villages, sans électricité ni eau"
" Y a quoi ? tantie ? ", Qu’est ce qu’il se passe, madame ?
Sans début de phrase, sujet ou contextualisation
" d’ajouter 100 francs " ou à l’inverse
" de diminuer "
" d’amener riz "
" d'amener unités? " (de téléphone)
"d'amener lotus?" (ce que les enfants de la rue nous vendent au carrefour)
" 100 francs, 100 francs"
"si je peux gagner une batterie, je peux brancher télé pour voir chez moi"." ou encore "J'ai gagné un collègue" (j'ai un nouveau collègue).
Lorsque tu sors de Ouaga, on te dira : « Bonne traversée ! », comme si on traversait la mer, inexistante au Burkina, et on dira de alors de toi « il a voyagé »
"Je vais demander la route", je vous demande la permission de quitter les lieux.
Donc "bilfou", soit "à la prochaine" en mooré!
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elo
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lundi 11 février 2008
Mais finalement qu’est ce qu’on fait au Burkina Faso ?
En ouvrant certains blogs d’amis d’amis, on se met souvent à chercher « qui est qui », qu’est ce que ces gens font là-bas et pourquoi ils racontent tout ça.
Un peu de contextualisation ne fait jamais de mal ! Alors pour ceux qui se demandent ce que ces deux belges sont venus faire à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, voici quelques explications.
Nous sommes Jo et Elo, deux citoyens belges, en mal de voyage. Cela fait deux ans que ça nous trottait dans la tête, nous voulions travailler dans un pays du Sud. Une même envie, au même moment… il fallait sauter sur l’occasion !
Et c’est ce que nous avons fait.
Moi-même, passionnée par l’humanitaire depuis ma sortie des études, je rêvais de pouvoir être confrontée aux « réalités du terrain ». C’est bien beau l’humanitaire de l’Europe mais c’est encore mieux de pouvoir le vivre au quotidien dans les pays pour lesquels on s’investit.
Jo, journaliste de formation, avait envie, lui aussi de faire du terrain. Un terrain différent de celui de l’humanitaire mais un terrain de journaliste qui prend lui-même les images qu’il souhaite faire partager. Envie de mouvement, de vie, d’images réelles.
En mars dernier, nous essayons donc de concrétiser tout cela. La Croix-Rouge devrait justement ouvrir un grand projet au Burkina Faso et un poste allait dès lors s’ouvrir.
Après quelques lectures sur le pays, le Burkina que nous ne connaissions pas vraiment, nous tente bien !
Quelques remous avant la proposition finale qui tombe le 3 août 2007 ! Nous partons le 1er septembre…
Jo cherchera alors sur place un boulot dans le milieu du documentaire ou du film. De contact en contact, il tombera sur Manivelle, une petite boite qui produit films et documentaires. Une équipe d’enfer qui lui apprend un nouveau métier, celui de reporter …..
Nous voilà donc partis pour un an et demi, au beau milieu de l’Afrique de l’Ouest, à Ouagadougou, où tous les deux, chacun dans nos boulots respectifs, nous vivons une expérience extraordinaire. Quant à la découverte en couple d’un nouveau pays, d’une nouvelle culture, elle a quelque chose de magique !
Elo
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elo
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mercredi 6 février 2008
Les classes de la seconde chance
Réalisation : Paratéba Yaméogo & Joffrey Monnier
Production : REPTA & Manivelle Productions
Voici donc mon premier 'vrai' reportage. C'est le résultat de ce qu'on avait tourné au Niger avec Paraté. Bon, y'a encore quelques petites modifs à faire, notamment au niveau du son mais dans l'ensemble, c'est ça. Alors, votre avis ?
Bientôt diffusé sur la RTBF et sur TV5... >> Voir les horaires de diffusion<<
samedi 2 février 2008
Et au boulot, ça donne quoi?
En toute franchise, ce ne fut pas simple !
Ma cheffe à Bruxelles m’avait prévenu : « je n’ai jamais connu quelqu’un pour qui les 3 premiers mois d’une première mission de terrain n’étaient pas difficiles… ».
Et elle n’avait pas tort ! C’était dur, très dur. D’abord parce que c’est vrai que tout est nouveau : le pays, la culture, le métier. Et il faut s’habituer à tout ça.
Mais aussi parce que cette mission-ci était particulièrement complexe.
En effet, mon arrivée coïncidait avec une « ouverture de mission », comme on dit dans le jargon de l’humanitaire, ce qui signifie qu’il n’y avait pas d’expatrié sur place disposant de maisons, de bonne adresses, de personnes de contact, de noms de fournisseurs, de réseau en fait…
Ensuite, le projet pour lequel on m’envoyait était très très, trop ambitieux tel que conçu au départ. Ma collègue, cheffe de projet nutritionniste, arrivée en même temps que moi, a d’ailleurs fini par jeter l’éponge tellement les choses paraissaient complexes, voire impossibles à mettre en place.
Mi-novembre, elle a donc quitté le pays, me laissant seule belge à la tête de la mission Croix-Rouge de Belgique au Burkina Faso avec ce projet
La dernière chose qui compliquait la situation est le fait que le partenariat avec la Croix-Rouge burkinabè n’était pas défini, de sorte que c’était à moi de « tenter » de définir un mode de fonctionnement et de communication avec le Directeur national de cette dernière. Ceci n’était pas une mince affaire du haut de mes 27 ans !
Heureusement, certaines personnes m’ont aidé à tenir le coup. Tout d’abord, le siège de la Croix-Rouge à Bruxelles m’a toujours soutenue et a été très à l’écoute de mes préoccupations par rapport à la mise en place de ce programme. Il y a d’ailleurs eu 3 visites de membres du personnel qui avaient pris conscience du défi dans lequel nous nous étions, Croix-Rouge de Belgique lancés. Naziha, une charmante collègue est d'ailleurs venue appuyer le projet pendant un mois et a aidé à redéfinir ce dernier en vue de le rendre plus réaliste. Pendant ce temps, le travail avec elle était déjà plus facile.
Finalement, c’est certain que sans la présence de mon amoureux à mes côtés, je n’aurais franchement pas tenu le coup ! Il a donc subi mes sautes d'humeur pendant ces quelques mois...
Aujourd’hui, les choses vont beaucoup mieux. Un chef de projet burkinabè a enfin été engagé. Idrissa est maintenant à la tête de ce projet pour le volet opérationnel. Ma cheffe, envoyée par la Croix-Rouge de Belgique est arrivée. Rosine a 57 ans, elle a déjà vécu 12 ans en Afrique et connait bien le fonctionnement de missions telles que celle que nous essayons de mettre sur pied. Je lui ai très vite délégué toute une série de dossiers chauds comme la relation avec la Croix-Rouge Burkinabè ou les problèmes de politique salariale du personnel engagé sur nos projets.
Par ailleurs, ma collègue cheffe de projet nutritionniste vient d’être remplacée par un médecin congolais expatrié qui a déjà géré le même genre de projet au Niger. Il est en plus une personne très intéressante à écouter ! Il connait énormément de choses dans le domaine de la santé dans les pays en développement, et ça, moi, ça me passionne…
Le dernier point noir à résoudre était le poste de logisticien, un poste tenu par un burkinabè, soit la personne qui s’occupe de tout le matériel à acheter, de l’approvisionnement des vivres à distribuer dans les villages. Siaka, un ancien militaire est arrivé ce lundi. Il a l'air très efficace. Equipe au complet donc maintenant !
Ouf, toutes ces personnes qui semblent à première vue très compétentes chacune dans leur domaine vont pouvoir venir reprendre une partie du travail qu’à défaut, je devais, mais ne parvenais pas à assurer.
Je vais donc pouvoir me concentrer sur les deux nouveaux projets que nous lançons cette année 2008 : projet d’accueil et d’écoute des "filles des rues" et projet de prévention contre l’exploitation et le trafic des enfants ! Quand il n’y en a plus, il y en a encore !
Elo
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mardi 29 janvier 2008
Crocodiles des villes
Ce dimanche on avait décidé d'aller faire une petite balade dans le parc urbain Bangr-Weoogo. Cette ancienne forêt sacrée est devenue un grand parc public, plus ou moins aménagé, où les ouagalais vont se ballader le week-end.
On se balladait tranquillement nous aussi, sans trop savoir où on allait puisqu'il n'y a ni plans ni indications. Sympathique forêt, on aperçoit quelques écureuils, des papillons, des oiseaux colorés... On décide de prendre un chemin un peu moins balisé mais menant vers la p'tite rivière qui traverse le parc. Arrivés à la rivière, on est d'abord frappé par la saleté qui a envahit l'endroit. Des tas de sacs plastiques jonchent les rives. C'est un problème malheureusement courant au Burkina mais on s'y attendait pas après cette ballade buccolique.
Mais alors qu'on se lamentait sur cette triste histoire de sacs plastiques, v'la ti pas que sur l'autre rive, on aperçoit deux petits crocos qui prennent le soleil tranquillement sans se soucier de notre présence... Je rassure Elo. Ils sont pas très grands (genre 1,50 m) et puis ils sont de l'autre côté en train de faire bronzette, on va continuer notre chemin le long de la rive jusqu'au prochain embranchement.

On se remet en route un peu fébriles mais dix mètres plus loin, on aperçoit le papa de nos deux copains; un mastos de deux mètres cinquante -au moins- qui lui aussi prend tranquillement le soleil. Hé, hé.. bonjour M'sieur...
Ajoutez à ça le gros SBROUUFF d'un autre saurien qui vient de se jeter à l'eau parcequ'il était sur la même rive que nous et qu'apparemment on lui a fait peur :-)
Elo ne veut pas en savoir plus, elle a déjà pris ses jambes à son (joli) cou et je ne tarde pas à la suivre...
Arrivés en sécurité, on reprend nos esprits et on se dit que la vie en Afrique c'est quand même plein de surprises...
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Joffrey MONNIER
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samedi 26 janvier 2008
La visite des parents
Après Béran, venue passer les fêtes avec nous, c’était au tour de mes parents de venir découvrir notre pays d’accueil.
Ils sont arrivés un samedi en pleine nuit avec une valise entière pleine de bouquins, jambon de parme, parmesan et autre lampe frontale (indispensable vu le nombre de coupures de courant) . Quel bonheur de retrouver ces quelques douceurs dont on avait oublié le goût ! Merci à eux…
Nous avons passé quatre jours à Ouaga puis avons entamé une petite virée vers le Sud-Ouest, Bobo et Banfora, villes que j’avais déjà repérées lors de mon mini-trip avec Steph.
Ces 9 jours passés en leur compagnie furent quelque peu mouvementés… Alors que nous voulions leur faire découvrir notre mode de vie assez paisible (bon, en dehors du boulot, qui n’est pas paisible du tout pour moi), cette visite fut entrecoupée d'événements qui auraient pu venir alimenter leurs angoisses de nou savoir ici. Je vous explique.
Mes parents n’étaient pas arrivés depuis plus de 24h que Jo nous déclarait un palu (les assidus au blog ont pu lire son message). J’ai essayé de relativiser mes craintes et de dédramatiser, faisant comme si je maitrisais la situation, histoire de ne pas les inquiéter trop. Mais j’avoue que quand Jo a greloté et claqué des dents dans mes bras au beau milieu de la nuit, je n’en menais pas large.
Je vous rassure, il va beaucoup mieux aujourd’hui, il est encore fatigué et un peu amaigri mais tout va mieux ! Je cuisine de bonnes choses à base des produits que mes parents nous ont apportés pour qu’il reprenne du poil de la bête.
Lorsque Jo était encore souffrant à la maison, j’ai emmené mes parents faire du cheval au milieu de la brousse périphérique de Ouaga. Ils étaient très contents et ont beaucoup aimé. C’est une chouette manière de découvrir un pays que de la parcourir à cheval. J’avais en plus (sans le faire exprès) choisi l’heure de sortie des classes des enfants. Ce moment de la journée est toujours un peu magique car les petits et grands, avec leur sac en tissus faisant office de cartable, traversent les champs pour rejoindre leur case.
Toutefois, cette petite balade s’est terminée par une nouvelle aventure… notre voiture d’occasion, acquise par la mission Croix-Rouge (en l’occurrence, c’est moi qui l’avais -mal- choisie) deux jours auparavant nous déclarait déjà sa première panne. Je peux vous dire que j’étais un peu tendue lorsque, dans le noir, sur une voie très très empruntée par de gros camions bien chargés ralliant Abidjan, j’ai compris que la voiture ne bougerait plus de là.
Il va sans dire que des dizaines de Burkinabès, très « amusés » par la situation sont venus nous rejoindre pour nous demander ce qu’il se passait, nous proposer de l’aide… de sorte qu’au beau milieu du noir de la nuit, mes parents n’étaient pas très à l’aise.
Nous avons alors attendu l’arrivée de notre super chauffeur mécanicien Lassane, qui est venu nous débloquer la situation à l’africaine. Il a utilisé les moyens du bord pour nous ramener à bon port, de l’autre côté de la ville : une batterie de 4x4 trop grande et un tapis de sol pour éviter que le capot ne serve de conducteur d’électricité entre les deux pôles de la batterie (les plus mécaniciens comprendront, en tous cas, moi j’en apprends tous les jours sur la mécanique vus le nombre de problèmes qu’on rencontre avec les véhicules ici).
Le lendemain matin, nous avons quitté Ouaga pour nous rendre à Bobo–Banfora, région splendide du Burkina (allez voir les photos), dans une 4x4 blanche que nous avions louée.
Nous avons quatre jours paisibles dans cette région bien verte du pays : visite et baignade de superbes cascades, visite des dômes, de la vieille ville de Bobo et de sa mosquée, tout ça en passant par les hôtels confortables pour expats. Bons petits restos et piscine autour du bungalow, nous avons à un moment oublié que nous étions au Burkina Faso, deuxième pays le plus pauvre de la planète ! Mais en toute franchise, après nos différents voyages en brousse où nos repas se résumaient à un plat de riz ou pates grasses, ça faisait du bien !
Une dernière journée à Ouaga et c’est déjà la fin ! Je pense qu’ils étaient heureux de découvrir comment nous vivons ici, ce que nous ressentons. Peut-être ont-ils été contents également de partager certaines difficultés qu’on peut rencontrer lorsqu’on vit en Afrique.
Voici un petit message rédigé par eux à leur retour en Belgique. Merci à eux pour cette charmante visite en tous cas !
Elo
Etonnant : le contact chaleureux des Bourguina Bay,leur optimisme et leur positivité.
Dur : leur pauvreté, le rieu dans lequel les enfants jouent, les femmes lessivent et les animaux paissent.
Choquant : l'ampleur de la différence entre les pays riches et les pays en développement.
Surprenant : l'objet le plus souvent proposé à la vente aux locaux et aux touristes : la carte de téléphone portable.
Touchant : l'image de ces enfants souriants dans leurs habits colorés, petit sac au dos, rentrant de l'école dans cette chaleur douce de la tombée de la nuit dans des cases sans électricité ni eau. Il nous saluent joyeusement, heureux d'avoir croisé des "nassera".
Difficile : imiter valablement le style de Joffrey
Super séjour ! Grand merci pour votre accueil et votre organisation.
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elo
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mardi 15 janvier 2008
"Vous avez le palu Monsieur"
Moi, j'y croyais pas trop à cette histoire. J'étais juste un peu crevé... Idiotement, l'idée de choper le palu (on dit aussi la malaria, oui M'sieurs Dames) avait même un p'tit quelque chose romantique à mes yeux, genre aventurier...
C'était il y a deux jours. Depuis, autant vous dire que j'ai déchanté ! Les poussées de fièvre, les sueurs, le chaud/froid, le mal de crâne qui n'en finit pas et une nuit infâme passée à greloter de tout mon corps dans le bras d'une Elo évidemment inquiète... Le palu c'est vraiment une crasse.
A ma petite maman : Pas de panique je prends le traitement nécessaire. Grâce à la perspicacité d'Elo, j'ai été pris en charge tout de suite. C'est un peu comme une très grosse grippe. Je devrais être sur pied dans les jours qui viennent.Moustiques 1 - Joffrey 0, la chasse est ouverte...
Merci à toutes et tous pour vos messages de soutien, ça fait plaisir ! Aujourd'hui, ça va mieux. J'ai perdu un ou deux kilos dans la bataille et je suis encore un peu fatigué mais sinon, ça roule. Et puis il paraît que c'est la première fois qui est la plus difficile, me voilà donc tranquille !
Jo
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Joffrey MONNIER
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samedi 12 janvier 2008
Deux nouveaux liens sur not' blog
Agnes, ma super collègue de la Croix-Rouge à Bxl s'envole trois mois pour silloner l'Amérique latine et Nico, mon comparse d'erasmus à Singapour, y est à nouveau pour reprendre des études là-bas. Ils ont tous les deux créé un blog pour l'occasion. Allez jeter un coup d'oeil, ça vaut le détour. Elo
Et moi j'ajoute Aurore -copine d'unif- en Italie, et Jimmy - un amoureux du Burkina- à Nivelles. Jo
>> Aurore en Italie
>> Jimmy alias Karim Wobodo Ouedraogo
vendredi 11 janvier 2008
Notre petite maison...
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Joffrey MONNIER
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jeudi 10 janvier 2008
'Stat' toi-même !
Pour commencer, la worldmap des 100 derniers visiteurs :
Marrant, non ? Vous vous reconnaitrez peut-être. En tout cas, moi j'en ai repéré quelques uns...Thibaut en Martinique, Bérangère au Mali, Laura en Galice et moi-même, en rouge et au Burkina.
On peut aussi avoir la liste par commune. Bruxelles, Mons, Charleroi, Liège mais aussi Paris, Turin, Bologne, Jyvskyl (Fin), Maynooth (Ir), Dakar, Singapour... Vous êtes partout !
Côté stats, on tourne entre 20 et 40 visiteurs/jour, durée moyenne de visite autour des 5 minutes, avec 2 à 3 pageviews/visiteur.Ci-contre, le détail mois par mois. Le compteur a été enclenché début octobre.
Total visiteurs : 1 951
Total pageviews : 4 388
Enfin, tout ça n'est qu'un bilan chiffré. Côté émotionnel, on a beaucoup de retours très sympas de votre part et ça, ça fait vraiment plaisir ! Merci à toutes et tous !!!!!!!!!!!!!!
Publié par
Joffrey MONNIER
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vendredi 4 janvier 2008
2008 commence fort !
Bon, le menu de notre repas de fête était plutôt modeste –semoule, sauce au choux et quelques Brakina (bière locale)- mais le cœur y était et après un compte à rebours au coin du feu, on a pris la route (euh…le p’tit chemin) vers le dancefloor local…Une petite dalle en béton au beau milieu de nulle part …
Pour la musique, deux gros baffles et un lecteur de k7 alimentés par un groupe électrogène pétaradant. Un son bien pourrave, de la poussière partout, des burkinabés bourrés (euh, nous aussi..) mais un cadre incroyable ! Béran, tu nous envoies les photos à l’occasion ?
Pour la petite histoire, on était à Goubré où je tournais un petit reportage pour Afrique au Cœur, l’assoc’ d’une amie de mes parents. Elle a vu mes vidéos sur le blog et m’a proposé de réaliser un p’tit truc pour eux. Suis donc parti une semaine, Elo et Bérangère m’ont rejoint le 31 pour la fête. Ce sera ma première « production » perso, montage prévu pour mars parceque je dois encore faire une itw en février (mais bientôt un aperçu…).
Après tout ça, Bérangère a continué vers le Mali et nous on est rentré à Ouaga pour organiser notre déménagement. Notre nouvelle maison est vraiment chouette, plus intime, située dans un quartier plus populaire et plus proche du centre, je vais faire quelques photos.
Allez, on vous envoie un peu de soleil du Burkina pour bien commencer 2008, bonne année à toutes et tous !
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Joffrey MONNIER
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jeudi 3 janvier 2008
Transat' sans soucis...
Hé ben voilà, les deux gugus (mon frère et Raph) sont bien arrivés... Après un gros mois en mer, ils sont maintenant en Martinique. Aux dernières nouvelles, ils cherchaient embarquer pour le Venezuela.
Bon, si vous avez envie de rêver un peu -ou même beaucoup- je vous invite à découvrir la vidéo de leur traversée, leur album photo de la Martinique et toujours, leur blog...
Publié par
Joffrey MONNIER
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Les 2 Gugus
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