samedi 2 février 2008

Et au boulot, ça donne quoi?


Certains ont pu lire entre les lignes, d’autres ont reçu des mails où je racontais et expliquais mon état d’esprit, mes états d’âme après ces quelques premiers mois de première mission.
En toute franchise, ce ne fut pas simple !
Ma cheffe à Bruxelles m’avait prévenu : « je n’ai jamais connu quelqu’un pour qui les 3 premiers mois d’une première mission de terrain n’étaient pas difficiles… ».

Et elle n’avait pas tort ! C’était dur, très dur. D’abord parce que c’est vrai que tout est nouveau : le pays, la culture, le métier. Et il faut s’habituer à tout ça.

Mais aussi parce que cette mission-ci était particulièrement complexe.
En effet, mon arrivée coïncidait avec une « ouverture de mission », comme on dit dans le jargon de l’humanitaire, ce qui signifie qu’il n’y avait pas d’expatrié sur place disposant de maisons, de bonne adresses, de personnes de contact, de noms de fournisseurs, de réseau en fait…

Ensuite, le projet pour lequel on m’envoyait était très très, trop ambitieux tel que conçu au départ. Ma collègue, cheffe de projet nutritionniste, arrivée en même temps que moi, a d’ailleurs fini par jeter l’éponge tellement les choses paraissaient complexes, voire impossibles à mettre en place.
Mi-novembre, elle a donc quitté le pays, me laissant seule belge à la tête de la mission Croix-Rouge de Belgique au Burkina Faso avec ce projet
La dernière chose qui compliquait la situation est le fait que le partenariat avec la Croix-Rouge burkinabè n’était pas défini, de sorte que c’était à moi de « tenter » de définir un mode de fonctionnement et de communication avec le Directeur national de cette dernière. Ceci n’était pas une mince affaire du haut de mes 27 ans !

Heureusement, certaines personnes m’ont aidé à tenir le coup. Tout d’abord, le siège de la Croix-Rouge à Bruxelles m’a toujours soutenue et a été très à l’écoute de mes préoccupations par rapport à la mise en place de ce programme. Il y a d’ailleurs eu 3 visites de membres du personnel qui avaient pris conscience du défi dans lequel nous nous étions, Croix-Rouge de Belgique lancés. Naziha, une charmante collègue est d'ailleurs venue appuyer le projet pendant un mois et a aidé à redéfinir ce dernier en vue de le rendre plus réaliste. Pendant ce temps, le travail avec elle était déjà plus facile.

Finalement, c’est certain que sans la présence de mon amoureux à mes côtés, je n’aurais franchement pas tenu le coup ! Il a donc subi mes sautes d'humeur pendant ces quelques mois...

Aujourd’hui, les choses vont beaucoup mieux. Un chef de projet burkinabè a enfin été engagé. Idrissa est maintenant à la tête de ce projet pour le volet opérationnel. Ma cheffe, envoyée par la Croix-Rouge de Belgique est arrivée. Rosine a 57 ans, elle a déjà vécu 12 ans en Afrique et connait bien le fonctionnement de missions telles que celle que nous essayons de mettre sur pied. Je lui ai très vite délégué toute une série de dossiers chauds comme la relation avec la Croix-Rouge Burkinabè ou les problèmes de politique salariale du personnel engagé sur nos projets.
Par ailleurs, ma collègue cheffe de projet nutritionniste vient d’être remplacée par un médecin congolais expatrié qui a déjà géré le même genre de projet au Niger. Il est en plus une personne très intéressante à écouter ! Il connait énormément de choses dans le domaine de la santé dans les pays en développement, et ça, moi, ça me passionne…
Le dernier point noir à résoudre était le poste de logisticien, un poste tenu par un burkinabè, soit la personne qui s’occupe de tout le matériel à acheter, de l’approvisionnement des vivres à distribuer dans les villages. Siaka, un ancien militaire est arrivé ce lundi. Il a l'air très efficace. Equipe au complet donc maintenant !

Ouf, toutes ces personnes qui semblent à première vue très compétentes chacune dans leur domaine vont pouvoir venir reprendre une partie du travail qu’à défaut, je devais, mais ne parvenais pas à assurer.

Je vais donc pouvoir me concentrer sur les deux nouveaux projets que nous lançons cette année 2008 : projet d’accueil et d’écoute des "filles des rues" et projet de prévention contre l’exploitation et le trafic des enfants ! Quand il n’y en a plus, il y en a encore !
Elo


J'en profite pour vous signaler que j'ai (enfin) mis les photos de ma mission en ligne. Il n'y en a pas beaucoup et elles sont clairement moins belles que celles faites par Jo mais j'avais quand même envie de les partager avec vous.

mardi 29 janvier 2008

Crocodiles des villes

Ce dimanche on avait décidé d'aller faire une petite balade dans le parc urbain Bangr-Weoogo. Cette ancienne forêt sacrée est devenue un grand parc public, plus ou moins aménagé, où les ouagalais vont se ballader le week-end.


On se balladait tranquillement nous aussi, sans trop savoir où on allait puisqu'il n'y a ni plans ni indications. Sympathique forêt, on aperçoit quelques écureuils, des papillons, des oiseaux colorés... On décide de prendre un chemin un peu moins balisé mais menant vers la p'tite rivière qui traverse le parc. Arrivés à la rivière, on est d'abord frappé par la saleté qui a envahit l'endroit. Des tas de sacs plastiques jonchent les rives. C'est un problème malheureusement courant au Burkina mais on s'y attendait pas après cette ballade buccolique.

Mais alors qu'on se lamentait sur cette triste histoire de sacs plastiques, v'la ti pas que sur l'autre rive, on aperçoit deux petits crocos qui prennent le soleil tranquillement sans se soucier de notre présence... Je rassure Elo. Ils sont pas très grands (genre 1,50 m) et puis ils sont de l'autre côté en train de faire bronzette, on va continuer notre chemin le long de la rive jusqu'au prochain embranchement.

On se remet en route un peu fébriles mais dix mètres plus loin, on aperçoit le papa de nos deux copains; un mastos de deux mètres cinquante -au moins- qui lui aussi prend tranquillement le soleil. Hé, hé.. bonjour M'sieur...

Ajoutez à ça le gros SBROUUFF d'un autre saurien qui vient de se jeter à l'eau parcequ'il était sur la même rive que nous et qu'apparemment on lui a fait peur :-)

Elo ne veut pas en savoir plus, elle a déjà pris ses jambes à son (joli) cou et je ne tarde pas à la suivre...

Arrivés en sécurité, on reprend nos esprits et on se dit que la vie en Afrique c'est quand même plein de surprises...

samedi 26 janvier 2008

La visite des parents


Après Béran, venue passer les fêtes avec nous, c’était au tour de mes parents de venir découvrir notre pays d’accueil.

Ils sont arrivés un samedi en pleine nuit avec une valise entière pleine de bouquins, jambon de parme, parmesan et autre lampe frontale (indispensable vu le nombre de coupures de courant) . Quel bonheur de retrouver ces quelques douceurs dont on avait oublié le goût ! Merci à eux…

Nous avons passé quatre jours à Ouaga puis avons entamé une petite virée vers le Sud-Ouest, Bobo et Banfora, villes que j’avais déjà repérées lors de mon mini-trip avec Steph.

Ces 9 jours passés en leur compagnie furent quelque peu mouvementés… Alors que nous voulions leur faire découvrir notre mode de vie assez paisible (bon, en dehors du boulot, qui n’est pas paisible du tout pour moi), cette visite fut entrecoupée d'événements qui auraient pu venir alimenter leurs angoisses de nou savoir ici. Je vous explique.

Mes parents n’étaient pas arrivés depuis plus de 24h que Jo nous déclarait un palu (les assidus au blog ont pu lire son message). J’ai essayé de relativiser mes craintes et de dédramatiser, faisant comme si je maitrisais la situation, histoire de ne pas les inquiéter trop. Mais j’avoue que quand Jo a greloté et claqué des dents dans mes bras au beau milieu de la nuit, je n’en menais pas large.

Je vous rassure, il va beaucoup mieux aujourd’hui, il est encore fatigué et un peu amaigri mais tout va mieux ! Je cuisine de bonnes choses à base des produits que mes parents nous ont apportés pour qu’il reprenne du poil de la bête.

Lorsque Jo était encore souffrant à la maison, j’ai emmené mes parents faire du cheval au milieu de la brousse périphérique de Ouaga. Ils étaient très contents et ont beaucoup aimé. C’est une chouette manière de découvrir un pays que de la parcourir à cheval. J’avais en plus (sans le faire exprès) choisi l’heure de sortie des classes des enfants. Ce moment de la journée est toujours un peu magique car les petits et grands, avec leur sac en tissus faisant office de cartable, traversent les champs pour rejoindre leur case.

Toutefois, cette petite balade s’est terminée par une nouvelle aventure… notre voiture d’occasion, acquise par la mission Croix-Rouge (en l’occurrence, c’est moi qui l’avais -mal- choisie) deux jours auparavant nous déclarait déjà sa première panne. Je peux vous dire que j’étais un peu tendue lorsque, dans le noir, sur une voie très très empruntée par de gros camions bien chargés ralliant Abidjan, j’ai compris que la voiture ne bougerait plus de là.

Il va sans dire que des dizaines de Burkinabès, très « amusés » par la situation sont venus nous rejoindre pour nous demander ce qu’il se passait, nous proposer de l’aide… de sorte qu’au beau milieu du noir de la nuit, mes parents n’étaient pas très à l’aise.

Nous avons alors attendu l’arrivée de notre super chauffeur mécanicien Lassane, qui est venu nous débloquer la situation à l’africaine. Il a utilisé les moyens du bord pour nous ramener à bon port, de l’autre côté de la ville : une batterie de 4x4 trop grande et un tapis de sol pour éviter que le capot ne serve de conducteur d’électricité entre les deux pôles de la batterie (les plus mécaniciens comprendront, en tous cas, moi j’en apprends tous les jours sur la mécanique vus le nombre de problèmes qu’on rencontre avec les véhicules ici).

Le lendemain matin, nous avons quitté Ouaga pour nous rendre à Bobo–Banfora, région splendide du Burkina (allez voir les photos), dans une 4x4 blanche que nous avions louée.
Nous avons quatre jours paisibles dans cette région bien verte du pays : visite et baignade de superbes cascades, visite des dômes, de la vieille ville de Bobo et de sa mosquée, tout ça en passant par les hôtels confortables pour expats. Bons petits restos et piscine autour du bungalow, nous avons à un moment oublié que nous étions au Burkina Faso, deuxième pays le plus pauvre de la planète ! Mais en toute franchise, après nos différents voyages en brousse où nos repas se résumaient à un plat de riz ou pates grasses, ça faisait du bien !

Une dernière journée à Ouaga et c’est déjà la fin ! Je pense qu’ils étaient heureux de découvrir comment nous vivons ici, ce que nous ressentons. Peut-être ont-ils été contents également de partager certaines difficultés qu’on peut rencontrer lorsqu’on vit en Afrique.

Voici un petit message rédigé par eux à leur retour en Belgique. Merci à eux pour cette charmante visite en tous cas !

Elo

Etonnant : le contact chaleureux des Bourguina Bay,leur optimisme et leur positivité.

Dur : leur pauvreté, le rieu dans lequel les enfants jouent, les femmes lessivent et les animaux paissent.

Choquant : l'ampleur de la différence entre les pays riches et les pays en développement.

Surprenant : l'objet le plus souvent proposé à la vente aux locaux et aux touristes : la carte de téléphone portable.

Touchant : l'image de ces enfants souriants dans leurs habits colorés, petit sac au dos, rentrant de l'école dans cette chaleur douce de la tombée de la nuit dans des cases sans électricité ni eau. Il nous saluent joyeusement, heureux d'avoir croisé des "nassera".

Difficile : imiter valablement le style de Joffrey

Super séjour ! Grand merci pour votre accueil et votre organisation.

mardi 15 janvier 2008

"Vous avez le palu Monsieur"

Y'a des phrases comme ça qui claquent... Pourtant, quand la médecin m'a annoncé cette charmante nouvelle avec une certaine nonchalance, je dois avouer que je ne me suis pas trop inquiété. J'avais fait un peu de fièvre la nuit précédente et en me réveillant j'avais mal au dos, mal à la tête et toujours un peu de fièvre. Persuadée que c'était un palu, Elo a pris la décision de m'emmener au centre médical.

Moi, j'y croyais pas trop à cette histoire. J'étais juste un peu crevé... Idiotement, l'idée de choper le palu (on dit aussi la malaria, oui M'sieurs Dames) avait même un p'tit quelque chose romantique à mes yeux, genre aventurier...

C'était il y a deux jours. Depuis, autant vous dire que j'ai déchanté ! Les poussées de fièvre, les sueurs, le chaud/froid, le mal de crâne qui n'en finit pas et une nuit infâme passée à greloter de tout mon corps dans le bras d'une Elo évidemment inquiète... Le palu c'est vraiment une crasse.

A ma petite maman : Pas de panique je prends le traitement nécessaire. Grâce à la perspicacité d'Elo, j'ai été pris en charge tout de suite. C'est un peu comme une très grosse grippe. Je devrais être sur pied dans les jours qui viennent.

Moustiques 1 - Joffrey 0, la chasse est ouverte...


Merci à toutes et tous pour vos messages de soutien, ça fait plaisir ! Aujourd'hui, ça va mieux. J'ai perdu un ou deux kilos dans la bataille et je suis encore un peu fatigué mais sinon, ça roule. Et puis il paraît que c'est la première fois qui est la plus difficile, me voilà donc tranquille !

Jo

samedi 12 janvier 2008

Deux nouveaux liens sur not' blog

Il faut croire que nous avons pas mal de potes voyageurs, deux nouveaux liens sont disponibles sur notre blog.

Agnes, ma super collègue de la Croix-Rouge à Bxl s'envole trois mois pour silloner l'Amérique latine et Nico, mon comparse d'erasmus à Singapour, y est à nouveau pour reprendre des études là-bas. Ils ont tous les deux créé un blog pour l'occasion. Allez jeter un coup d'oeil, ça vaut le détour. Elo
>> Nico et Sof à Singapour


Et moi j'ajoute Aurore -copine d'unif- en Italie, et Jimmy - un amoureux du Burkina- à Nivelles. Jo

>> Aurore en Italie
>> Jimmy alias Karim Wobodo Ouedraogo

vendredi 11 janvier 2008

Notre petite maison...



Comme promis, quelques photos de notre nouveau "chez nous"...

Manivelle Productions

Pour ceux qui voudraient voir à quoi ressemblent les bureaux, voici quelques photos.

jeudi 10 janvier 2008

'Stat' toi-même !

Puisque c'est la mode en cette époque, voici le bilan 2007 de ce blog. C'est fou ce qu'on peut savoir grâce à des outils comme Sitemeter...

Pour commencer, la worldmap des 100 derniers visiteurs :
Marrant, non ? Vous vous reconnaitrez peut-être. En tout cas, moi j'en ai repéré quelques uns...

Thibaut en Martinique, Bérangère au Mali, Laura en Galice et moi-même, en rouge et au Burkina.





On peut aussi avoir la liste par commune. Bruxelles, Mons, Charleroi, Liège mais aussi Paris, Turin, Bologne, Jyvskyl (Fin), Maynooth (Ir), Dakar, Singapour... Vous êtes partout !

Côté stats, on tourne entre 20 et 40 visiteurs/jour, durée moyenne de visite autour des 5 minutes, avec 2 à 3 pageviews/visiteur.

Ci-contre, le détail mois par mois. Le compteur a été enclenché début octobre.

Total visiteurs : 1 951
Total pageviews : 4 388


Enfin, tout ça n'est qu'un bilan chiffré. Côté émotionnel, on a beaucoup de retours très sympas de votre part et ça, ça fait vraiment plaisir ! Merci à toutes et tous !!!!!!!!!!!!!!

vendredi 4 janvier 2008

2008 commence fort !

Nouvel An en pleine brousse, au milieu de nulle part, dans une savane parsemée de cases en terre, de baobabs (effeuillés, sauce oblige) d’ânes, de chèvres, de poulets… le tout sous une incroyable voûte étoilée...

Bon, le menu de notre repas de fête était plutôt modeste –semoule, sauce au choux et quelques Brakina (bière locale)- mais le cœur y était et après un compte à rebours au coin du feu, on a pris la route (euh…le p’tit chemin) vers le dancefloor local…Une petite dalle en béton au beau milieu de nulle part …

Pour la musique, deux gros baffles et un lecteur de k7 alimentés par un groupe électrogène pétaradant. Un son bien pourrave, de la poussière partout, des burkinabés bourrés (euh, nous aussi..) mais un cadre incroyable ! Béran, tu nous envoies les photos à l’occasion ? L’ambiance était un peu calme mais notre arrivée, peu après les douze coups, n’est pas passée inaperçue et la piste s’est enflammée sur des rythmes afro-techno et reggae…Encore un nouvel an mémorable !

Pour la petite histoire, on était à Goubré où je tournais un petit reportage pour Afrique au Cœur, l’assoc’ d’une amie de mes parents. Elle a vu mes vidéos sur le blog et m’a proposé de réaliser un p’tit truc pour eux. Suis donc parti une semaine, Elo et Bérangère m’ont rejoint le 31 pour la fête. Ce sera ma première « production » perso, montage prévu pour mars parceque je dois encore faire une itw en février (mais bientôt un aperçu…).

Après tout ça, Bérangère a continué vers le Mali et nous on est rentré à Ouaga pour organiser notre déménagement. Notre nouvelle maison est vraiment chouette, plus intime, située dans un quartier plus populaire et plus proche du centre, je vais faire quelques photos.

Allez, on vous envoie un peu de soleil du Burkina pour bien commencer 2008, bonne année à toutes et tous !

jeudi 3 janvier 2008

Transat' sans soucis...

Hé ben voilà, les deux gugus (mon frère et Raph) sont bien arrivés... Après un gros mois en mer, ils sont maintenant en Martinique. Aux dernières nouvelles, ils cherchaient embarquer pour le Venezuela.

Bon, si vous avez envie de rêver un peu -ou même beaucoup- je vous invite à découvrir la vidéo de leur traversée, leur album photo de la Martinique et toujours, leur blog...

mercredi 26 décembre 2007

Joyeux Noël


Ici, les crèches sont en pleine rue pour que tout le monde en profite. Joyeux Noël à tous...

Ce que vous avez raté

Et dont on n'a pas de photo...

Les p'tits vendeurs de guirlandes de noël qui s'en enroulent comme si c'était des écharpes, les bonhommes de neige peint sur des vitrines qui n'ont jamais vu l'ombre d'un flocon, les pères noël gonflables Made in China en vente à tous les grands carrefour, le repas du réveillon en terrasse et en T-Shirt, les moules de Bouchot et le cobe de Bufon (antilope) au menu, les pétard qui claquent un peu partout dans le nuit...

Vraiment, Noël ici, ça a quelque chose de merveilleusement surréaliste...

Mieux qu'un nain !

Pour Noël, Bérangère nous a offert ce superbe cameraman. On avait tous les deux flashé dessus et il donne terrible dans le jardin. Merci Béran !

vendredi 21 décembre 2007

176eme sur 177...



















A terminer...

jeudi 13 décembre 2007

Hommage à Norbert Zongo

Le 13 décembre 1998, Norbert Zongo -journaliste et rédacteur en chef du quotidien L’indépendant- était assassiné alors qu’il enquêtait sur une affaire de meurtre le menant vers les plus hautes sphères du pouvoir. Cet assassinat brutal avait déclenché à l’époque des émeutes sans précédent et une tentative de coup d’état. Neuf ans après les assassins courent toujours et la justice semble bien peu pressée de faire avancer cette affaire pourtant si importante au cœur des burkinabés.

mardi 11 décembre 2007

Fête de l'indépendance !

En ce 11 décembre, le Burkina Faso fêtait ses 47 ans d'indépendance. Pour l'occasion, un grand défilé 'civil et militaire' a été organisé dans les rues de Ouaga.

A l'époque de la révolution (comprenez les années Sankara), la fête de l'indépendance avait été supprimée car considérée comme trop connotée, rappelant paradoxalement l'impérialisme occidental. La date du 11 décembre n'était plus vraiment fêtée depuis, contrairement au 4 août, date de la Révolution Démocratique et Populaire de 1983 et considérée comme jour de fête nationale.Mais allez savoir pourquoi, le bon Blaise -qui pour rappel, était un des acteurs principaux de la révolution- a décidé de la remettre au goût du jour.

Les contestations n'ont évidemment pas manqué de fuser, notamment du côté des sankaristes : "La décision du gouvernement de commémorer le 11-Décembre avec faste est une décision comique. C’est vraiment de la comédie.{...} . En réalité, ces trouvailles visent des desseins inavouables. Le premier dessein condamnable, c’est de chercher coûte que coûte, vaille que vaille, à masquer les activités du 13 décembre qui sont les activités commémoratives du 9e anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Ensuite célébrer avec faste, cela suppose qu’il faut beaucoup d’agent. Le chiffre officiel avancé est estimé à 500 millions de FCFA. Je pense que ce n’est pas opportun." dixit Me Bénéwendé Sankara sur Le Faso.net (voir article ci-dessous).

Du côté de Congrès pour la Démocratie et le Progrès(CDP), parti au pouvoir, le député Achille Tapsoba salue l’influence de cette fête sur le sentiment d'identité nationale : C’est une décision, très juste, salutaire, dans la mesure où l’abandon de ce caractère festif et même de l’éclat pouvait nous amener progressivement à perdre les couleurs de notre pays, l’identité nationale qui nous réunit tous dans cet espace géographique qu’on appelle le Burkina Faso. Je pense que c’est une bonne chose que d’avoir enfin rétabli l’ordre des choses. {…} La commémoration de cette date permet également à la jeune génération de renouer non seulement avec la compréhension de l’importance de cette commémoration mais aussi quelle puisse être le vecteur pour continuer à porter le fils conducteur de l’unité nationale de génération en génération.

J'aurai tendance à partager le premier avis. Je ne pense pas que ce soit une nécessité d'organiser ce genre de festivité quand on connait les nombreuses difficultés que connait ce pays. Pourtant, les burkinabés semblent friands de ce genre de fête, et on peut penser que ça permet d'oublier un peu les soucis. Enfin, c'est surtout valable pour les ouagalais parcequ'en brousse, ils s'en foutent pas mal du défilé... Quoiqu'il en soit, la foule était au rendez-vous et les Ouagalais ravis de renouer avec les grands défilés d'antan.

Tout ça pour dire que votre serviteur, aussi, était de la partie et vous a ramené quelques photos du défilé dont certaines plutôt surprenantes. Le mélange des militaires armés, des chars d'assauts avec les tracteurs agricoles et les écoliers défilant au pas militaire donnait à l'ensemble un p'tit air autoritariste mais une fois le cortège passé, le joyeux bordel des rues de Ouaga a vite repris ses droits. Ouf !

Sahel Solidarité à Bokin

Elo dans le Sahel

De retour de ma mission dans le SAHEL, je me dois de vous faire part de mes impressions…

Si j’ai eu à un moment quelques doutes sur notre projet de lutte contre la malnutrition (oui, oui, je me suis posée des questions quant à notre intervention à gros moyens, quant à la manière, les méthodes), là je peux vous dire que je n’en ai plus aucun quant à l’utilité du projet !

Le Sahel est une région aride, où des herbes jaunes grillées par le soleil jonchent le sol. Parfois, un épineux apparaît au milieu de ce paysage désertique. Après 3h30 de « goudron » pour atteindre LA ville du sahel où on trouve 2 auberges et 2 restaurants (avec du riz gras ou du riz sauce uniquement), notre gros 4*4 s’est embarqué sur la piste. Heureusement que nous l’avions ce 4*4 car sans cela, nous ne serions pas passés à travers les routes déviées dans le sable et les ponts détruits par les pluies torrentielles qui se sont abattues en août dernier. Au bout de 2h de piste, nous atteignons Sebba, le chef lieu de la province du Yagha.

Pas d’avion, pas de fleuve, pas d’hélico, pas de train, rien, rien d’autre que cette piste permet d’atteindre cette petite « ville ». De sorte que les habitants de ces régions vivent presque en autarcie (surtout pendant la saison des pluies quand la route est coupée). Ils ne peuvent manger que ce qu’ils cultivent et croyez-moi, on a du mal à croire que quelque chose puisse pousser dans ces sols.

Le mil est la seule céréale qui parvient à pousser. Pas un fruit n’accompagne le repas du midi composé de riz gras (riz ayant cuit dans le jus de gras de la viande), et du tho le soir avec une sauce à la viande et un zeste de concentré de tomate. On comprend qu’il y ait des carences en vitamines dans l’alimentation des populations.

De plus, les récoltes sont annoncées très mauvaises cette année, à cause d’une saison des pluies capricieuse. Dans trois mois, il n’y aura plus rien à manger, nous a-t-on dit…

Et les premières victimes sont les enfants, les femmes enceintes et allaitantes… voilà donc notre utilité ! Notez bien que ce problème semble être culturel car parmi mes 3 compatriotes de mission (M. Bakyono, membre du Conseil d’administration de la Croix-Rouge Burkinabè, Idrissa Ouedraogo, chef du projet, et Lassané, notre super chauffeur), pas un n’a envisagé de manger un seul fruit ou légume…

Alors, si même les plus éduqués de la société burkinabè ne s’alimentent pas très bien, je pense qu’au niveau des campagnes où les aliments se font encore plus rares, il va sans dire qu’il existe de gros problèmes de malnutrition !


Dans chacune des trois provinces que nous avons visitées, le Comité provincial de la Croix-Rouge nous attendait de pied ferme sous le baobab de l’auberge, ou dans une "cours intérieure", très courante ici. Une dizaine de volontaires Croix-Rouge, motivés, enthousiastes ainsi que nos deux agents techniques engagés par le projet (un animateur et une infirmière) étaient là également. Les réunions que nous avons tenues avec les équipes Croix-Rouge et les autorités (Le Maire, le Médecin chef de district, etc) étaient très intéressantes. Tous s'accordent à dire que ce projet est indispensable vu la situation nutritinnelle du pays.

Après une petite semaine de pause à Ouaga pour gérer les 18.000 démarches à faire pour faire avancer le projet, nous repartons ce samedi, vers le Sud-Ouest du pays pour visiter 4 autres provinces où nous intervenons. Et ceci avec la même équipe de choc ! 3 hommes et moi. Sacrée équipe, on se marre bien...

En tous les cas, ça fait du bien de sortir de Ouaga, de découvrir le « vrai » Burkina des campagnes !

Notre petit voyage en amoureux et sac au dos...

...

lundi 3 décembre 2007

Photos de notre voyage dans l'est du Burkina

En attendant le récit de ce superbe voyage, voici déjà les photos...

Voir l'album complet (183 photos) | Voir le résumé (40 photos)